Temps libres : Photobooks

Texte pour les expositions Temps libres : Photobooks de Thomas Bouquin, Jean-François Hamelin et Josée Schryer du Photobook Club – Montréal et Assemblages de Maxime Rheault et Valerian Mazataud.

En prenant comme point de départ la réflexion de VU pour cette année de programmation, le Photobook Club – Montréal vous propose de feuilleter une sélection de « photobooks » récents qui ont attiré notre attention en reflétant différentes manières d’interpréter l’expression Temps libres.

Dans la première section de l’exposition, vous découvrirez des projets qui portent une réflexion sur l’errance, l’exploration du territoire et l’idée du « wanderlust ». Prendre son temps pour observer, pour traîner. Pendant cinq ans, l’artiste japonais Chikara Umihara a parcouru les États-Unis en autocar Greyhound sans aucune destination précise en tête. Voyageant à travers les villes et les campagnes, l’artiste a limité les images du livre aux espaces confinés de l’autocar et des gares où il s’est arrêté. Whispering Hope est un carnet de voyage sans point de départ ni d’arrivée.

Dans la deuxième section de l’exposition, l’idée de Temps libres est explorée dans le sens du hobby, du loisir et de l’évasion. Melissa Catanese s’amuse à créer des narrations à partir des photographies vernaculaires de la collection de Peter J. Cohen. Dans Voyagers, elle a rassemblé des images d’individus qui semblent captivés par leurs lectures. Ces photos sont ponctuées d’autres visions: des paysages, un ciel étoilé, des pyramides ou un rayon de soleil entrant par la fenêtre, ce qui nous permet d’imaginer les mondes visités par les sujets pendant leurs flâneries.

Pour la troisième section de l’exposition, le Photobook Club – Montréal s’est arrêté un peu plus sur le concept de liberté. Une expression de liberté, la liberté d’expression, d’expérimentation. Prendre le temps d’élargir ses horizons. Dans la tradition du road trip photographique, le duo d’artistes Nico Krebs et Taiyo Onorato met le cap sur Oulan-Bator, capitale de la Mongolie où iI s’attend à rencontrer le mystique et le surréel, à affronter l’inconnu. Les images de Continental Drift repoussent les limites du documentaire et offrent une nouvelle lecture du territoire en nous proposant des paysages parfois réels mais surprenants, d’autres fois créés de toutes pièces.

Prendre du temps pour explorer et expérimenter, c’est ce que la résidence de création Assemblages permet. Pour cette deuxième édition, ce sont Valérian Mazataud et Maxime Rheault qui, en travaillant sur leurs maquettes respectives de livres photo en galerie, entameront un dialogue dans l’espace américain. Cet échange se poursuivra avec les visiteurs et les différents intervenants qui passeront par VU entre le 12 et le 27 janvier.

Entre 2015 et 2016, Mazataud s’est rendu au Honduras pour investiguer une croyance de la communauté des Miskitos qui veut que leurs pêcheurs soient victimes d’une malédiction pour avoir pilé le fond des eaux. Lors de cette résidence en galerie, il cherchera à brouiller les repères du photojournalisme en infusant une nouvelle ouverture dans la narration de son projet de livre Liwa Marin, qui est à paraître dans l’année à venir.

Rheault travaillera sur la mise en forme d’un possible livre photo à venir, à partir d’un corpus d’images réalisées lors de deux voyages à Tokyo en 2008 puis en 2018. Il souhaite jouer avec les codes identitaires se manifestant dans sa série photographique en manipulant la séquence et le rythme des images, ainsi qu’en considérant la matérialité du livre en tant qu’objet. Son expérience comme designer graphique (Criterium design) l’a amené à collaborer à plusieurs projets d’édition, ce qui rendra les échanges en galerie des plus enrichissants.

Publié le 22 janvier 2019
Par Josée Schryer
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Melissa Catanese - Voyagers
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Valérian Mazataud
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Maxime Rheault