VU propose un programme d’ateliers de médiation à partir du médium photographique, conçu et réfléchi autour de la rivière Saint-Charles, la « rivière aux milles détours ». Le projet permettra de développer une collaboration entre des groupes d’enfants, d’adultes et des artistes professionnels de la ville de Québec à travers l’expérimentation de divers procédés photographiques. Durant les ateliers, qui se dérouleront de mai jusqu’à début juin, se croiseront différents regards portés sur ce cours d’eau fondateur de la ville de Québec.

Ainsi, depuis quelques jours, un groupe de jeunes participants au Programme Relève en Action du Centre R.I.R.E., en collaboration avec les artistes médiateurs Marie-Laure S. Louis et Charles Fleury, explorent entre les rives, les îles et les ponts, la mémoire et les archives, à travers la collecte et le collage d’images, d’objets et de mots.

À la fin du mois de mai, ce seront les jeunes de la classe de francisation de l’école primaire de Saint-Malo avec leur professeure Nancy Fall ainsi que les artistes médiateurs Gabrielle Bélanger et Idra Labrie qui se lanceront dans l’expérimentation du cyanotype et du processus de captation d’image à partir de la fabrication de sténopés.

L’auteure Alice Guéricolas-Gagné et la photographe Débora Flor sont également invitées à porter un regard poétique pour écrire et documenter ces rencontres. Le projet, coordonné par Véronique Isabelle, est une initiative de la ville de Québec, et vise à partager avec le public ce projet collaboratif dans son processus sur le compte Instagram de VU. Il se terminera par une exposition prévue à partir du 21 juin sur le pont Dorchester, aux abords de la rivière Saint-Charles.

Collaborateurs

Le Centre R.I.R.E. 2000 est un organisme à but non lucratif qui œuvre dans la région de Québec depuis 1996, en appuyant les jeunes et les adultes des communautés culturelles dans leur intégration socioéconomique au sein de la société québécoise.

Marie-Laure S. Louis est une artiste-chercheuse née en République de l’île Maurice. Elle y grandit, obtient son diplôme de master en France, pour ensuite s’installer à Québec. En 2018, elle est artiste en résidence à La Chambre Blanche (Québec) et à Parse Nola (La Nouvelle-Orléans), puis participe à l’exposition collective Artivisme ! Art et activisme (Paris). En 2019, Marie-Laure débute un doctorat en études et pratiques des arts à l’UQÀM et expose aux côtés d’autres artistes à l’exposition Subalternes sur la thématique de la réappropriation de la narration chez les artistes Femmes Noires à la Galerie du CDEx (Montréal).

Gabrielle Bélanger est une artiste visuelle ayant grandi en Mauricie, et qui vit et travaille à Québec. Titulaire d’un bac en Service social et d’un Certificat en Arts plastiques, sa pratique allie peinture, photographie et sérigraphie. Membre d’Engramme, elle participe depuis 2012 à plusieurs expositions collectives et collabore avec Folie/Culture et le Printemps des poètesSa démarche étant orientée vers la co-création, elle mène depuis quelques années plusieurs projets de médiation culturelle, dont India avec les enfants de la Kalkeri Sangeet Vidyalaya (Inde, 2015), Attentes avec Sherpa (2016) et récemment, Refuge avec les jeunes réfugiés de l’École secondaire Vanier. Elle anime régulièrement des ateliers dans divers organismes communautaires et est professeure pour Sherpa et Jeunes musiciens du monde.

Idra Labrie est un artiste-photographe et formateur exerçant principalement dans le secteur culturel au Québec. Il est actuellement photographe en chef au Musée National-des-beaux-arts du Québec, où il coordonne le travail au secteur de la photographie. Outre la lumière qu’il concentre sur les gens et les objets dans ce contexte, il poursuit une recherche en photographie d’art. Le désir d’explorer et sa curiosité insatiable, le pousse sans cesse vers des approches expérimentales où l’ambiguïté, l’œuvre du temps et de ses manifestations, caractérisent son travail. Pour le projet Rivières à titre de médiateur, c’est son expertise de la caméra archaïque à sténopé qui sera mise à contribution.

Charles Fleury vit et travaille à Québec et est un artiste œuvrant en installation, en vidéo et en peinture. Il a obtenu son diplôme de deuxième cycle en arts visuels à l’Université Laval en 2008 et un Bac enseignement des arts plastiques. Il a participé à plusieurs expositions aux Passages insolites (2016, 2018), à VU (2015), à Regart (2012), et à la galerie de l’université Laval (2009). Le travail de Charles Fleury entreprend une enquête sur le concept d’humanité. Il tente par de multiples procédés d’établir des parallèles de sens ou des sens parallèles entre la conscience, l’expérience et l’auto-détermination de l’humain. Son travail a interrogé, lors d’expositions antérieures, des thèmes tels que l’ordre, le pouvoir, la paranoïa, la décadence, les croyances, l’étrangeté et autres facettes humaines.

Véronique Isabelle allie l’art et l’anthropologie et poursuit des recherches portant sur les paysages et les imaginaires, principalement liés aux eaux. Elle développe une pratique en immersion dans différents contextes, par le biais de projets collaboratifs réalisés avec différentes personnes ou collectivités. Ces projets prennent parfois la forme d’installations, de livres, de projets sonores, de peintures, d’évènements, et ils se dessinent dans la propre relation qui se trame avec les gens, les situations et les lieux. Elle a réalisé divers projets de commissariat, de médiation, de résidences et a participé à plusieurs expositions au Québec, au Brésil, en France, au Chili et en Uruguay. Elle détient un bac en arts visuels à l’Université Laval puis une maitrise et un doctorat en anthropologie sociale à l’Université Fédérale du Pará, en Amazonie brésilienne.

Débora Flor est une photographe brésilienne qui expérimente et explore différents procédés photographiques artisanaux, à partir de plantes, de techniques anciennes auxquels elle intègre entre autres, de la broderie et divers objets. Avec son approche sensible, Débora Flor met en évidence les relations qu’elle tisse avec les êtres, les lieux à travers le caractère organique de sa démarche. Débora propose également des séries d’ateliers exploratoires qui prennent la forme de projets collectifs et réalise un travail documentaire pour différents projets artistiques et auprès de diverses communautés dans la région amazonienne, d’où elle est originaire. Elle a travaillé activement à l’Association FotoAtiva, et a participé à diverses expositions au Brésil, en France et en Uruguay.

Artiste touche-à-tout, Alice Guéricolas-Gagné a publié le roman Saint-Jambe, récipiendaire du Prix Robert-Cliche 2018. Elle a ensuite commissarié l’exposition collective Artéfacts saint-jambiens, qui prolonge la mythologisation du quartier Saint-Jean-Baptiste entreprise par son livre. Elle travaille actuellement au projet La montée des eaux dans lequel le Faubourg est représenté comme une île au milieu de la mer. En plus de s’impliquer comme écrivaine et interprète au sein du groupe de rétro-projections et poésies Les tyroliennes saint-jambiennes, elle écrit pour la pièce Au bout des doigts du Théâtre des Petites âmes. Elle s’intéresse de près à la dramaturgie, au monde des marionnettes et du théâtre visuel.