Dans l’économie de l’entreposage de données, on utilise les expressions « hot » et « cold data » pour qualifier la potentialité qu’une information soit consultée après son usage initial. La métaphore couramment employée est celle de l’iceberg dont la partie visible représente l’information « chaude » à usage courant et la plus grande partie, celle qui est immergée, les données « froides » inactives.

 

Le projet La température de l’information interroge notre rapport à l’information, sa surabondance et sa matérialité. À la façon d’un centre d’entreposage et de recyclage de données, l’installation rassemble une grande quantité d’objets/documents sous des formes archétypales, à la limite de l’abstraction. Ils sont soumis à différents processus : dissolution, érosion, contamination, sédimentation, filtration; comme si l’information devenait un matériau dont on cherche à extraire l’essence.

 

De vastes architectures de données sont ici réinterprétées à échelle humaine et sous une forme analogique; un prétexte pour mettre en parallèle nos enjeux individuels face à la surcharge cognitive. Historiquement, l’iceberg qui sert à illustrer le concept de « cold data » a aussi servi à représenter la part d’inconscient dans notre psyché. Même si les théories sur l’inconscient ont évolué avec les neurosciences, ce schéma n’en demeure pas moins central dans la perception de notre vie intérieure : une conscience branchée sur des données actives au-dessus d’un large territoire d’informations froides dont on a perdu la carte.

 

Sébastien Cliche est un artiste multidisciplinaire qui vit et travaille à Montréal. Depuis une vingtaine d’années, il produit des installations ainsi que des œuvres textuelles, vidéos et sonores. Les dispositifs qu’il met en place explorent la question du contrôle et ses implications tant sociales que psychologiques. Son travail a été présenté lors d’expositions individuelles et collectives — notamment au Centre d’art contemporain de Meymac (France, 2008), l’Œil de poisson (Québec, 2010), Momenta Art (New York, 2013), Circa (Montréal, 2015), Le Lieu (Québec, 2017), Axenéo7 (Gatineau, 2019), Sporobole (Sherbrooke, 2019),  Espace F (Matane, 2021) ainsi que dans des événements tels que MUTEK (Montréal, 2005 et 2010). En 2012, il a reçu la bourse Claudine et Stephen Bronfman en art contemporain. En 2014, il lançait «La doublure», une publication portant sur le projet du même titre présenté à la Galerie de l’UQAM (Montréal, 2012).

 

 

Vernissage
24 février 2023/ 17:00 - 21:00