Depuis toujours le travail photographique de Daniel Hausmann est ancré dans un palimpseste où s’entremêlent couches d’architecture et histoire.

À la recherche d’affinités secrètes dans le tissu urbain, il a parfois utilisé son appareil photo comme brosse d’archéologue dépoussiérant doucement le fossile enseveli, ou comme torche lumineuse pour s’éclairer un chemin à l’intérieur de ce qu’il appelle ses grottes de Lascaux…les anciennes usines au bord du Canal Lachine.

« Je suis devenu chiffonnier de l’espace sauvage en marge de la ville, souvent sur les traces de mes courageux éclaireurs que sont les sans-abris et que j’utilise comme témoins et figurants improvisés ».

Sa stratégie, longtemps de nature documentaire, ne se veut plus à l’affût d’un instant décisif, mais s’oriente autour d’un vaste instant qui inclurait tous les instants possibles, cumulant et juxtaposant les secondes, les heures, les jours. L’image devient ainsi construction. Tout détail, du plus petit au plus grand, participe à l’élaboration d’un ensemble qui accepte la transition imparfaite, le ciel variable, l’accident gravé au sol.

On essaiera de discerner les développements formels de ce parcours photographique singulier, obsédé par certains thèmes : le noir et blanc, le moment aléatoire, le dialogue entre le geste et l’espace, la coexistence des temps. Le but de l’exercice serait de nous aider à trouver le lieu, entre pulsion intérieure et le regard de l’autre, où gîte l’œuvre.

 

 

Né en Amérique du Sud, le photographe autodidacte Daniel Hausmann vit et travaille à Montréal.
Ayant acquis une formation en architecture et en cinéma dans les années 1970, il se spécialise plus tard en repérage de lieux de tournage, acquérant ainsi une connaissance approfondie de la ville de Montréal. Ses recherches photographiques amorcées en 1996, qui tiennent autant du document que de la performance, sont alors centrées sur le Montréal “à louer ou à vendre” des années 90, sur les anciennes usines abandonnées du Canal Lachine et sur la ville en friche investie par les sans-abris.

Entre 1997 et 2017, il a tenu des expositions solos à la Bibliothèque de Côte-Saint-Luc : SITEings (1997), la galerie Art en Majuscule, la Maison de la Culture Marie Uguay : By The Red Path (2003), l’Usine C (2004), le Théâtre Centaur, la galerie HPG à Griffintown où il fut également artiste en résidence (2017), Occurrence : œuvre présentée dans le cadre de leur programmation Les Inéluctables (2018).

À la même période, ses œuvres ont été présentées dans des expositions collectives, entre autres au Mois de la Photo à Montréal (1997), à la galerie Mistral (1997), la galerie Constant (1998), la Cinémathèque québécoise (1999), la Maison de la Culture Marie Uguay : Une Traversée de l’Imaginaire (2002), la galerie La Castiglione : Lumière et Explorations photographiques (2014 et 2015).

 

 

Vernissage
7 avril 2023/ 17:00 - 21:00