De la genèse de l’humanité jusqu’à l’avènement du christianisme, les écrits judéo-chrétiens considèrent la sexualité comme l’initiatrice de presque tous les maux qui assaillent l’homme dépourvu de volonté et de sens moral (le péché originel, Sodome et Gomorrhe, la femme adultère, etc). Rien de très surprenant que la religion catholique ait démonisé la sexualité, autant dans ses écrits que dans son imagerie pieuse. Depuis des siècles, le péché s’incarne dans la chair (et ses plaisirs), tandis que le chemin de la sainteté passe par la sublimation des pulsions érotiques. L’abstinence et la négation des sens deviennent alors catalyseur de la vocation et de l’état mystique. Comment parler aujourd’hui de ces sujets qui a priori semblent découlé d’un temps révolu, mais dont on voit de plus en plus les séquelles apparaître dans nos sociétés, avec la levée de l’impunité cléricale et sa loi du silence?

Biographie

Né à Sainte-Rose (Laval), Pierre Blache vit et travaille à Montréal et à Wentworth-Nord. Il est actif dans le milieu photographique québécois depuis plus de trente ans. En parallèle à sa pratique artistique, il a longtemps œuvré à la diffusion de la photographie au sein d’organismes montréalais; dont des postes de direction à VOX, centre de l’image contemporaine; au Mois de la Photo à Montréal et à la revue Ciel Variable. En plus de ses expositions personnelles au pays, il a participé à de nombreuses expositions collectives au Canada, en Europe et en Amérique latine.

L’acte photographique est pour lui intimement lié au déplacement; que ce soit au coin de la rue ou à l’autre bout du monde, l’errance lui procure l’état d’esprit nécessaire à la captation des images. Ces photographies lui permettent de construire des fictions qui se nourrissent d’impressions, d’émotions ressenties, autant que de brèves incursions dans la culture locale. Pierre Blache préfère grandement l’évocation à la description et en ce sens il poursuit sa recherche photographique sur plusieurs pistes de réflexion qui l’attirent particulièrement : l’empreinte du sacré, l’ambiguïté des chosesla fragilité du vivant l’esprit du lieu, etc. Souvent à la limite de l’abstraction, ses images cherchent à convier le spectateur à une rencontre sensorielle et émotive.