All that time lying down can bring about the microscopic practice of worry. In the sickbed, illness illuminates smallness, shabbiness, self-absorption, inconsequence, personal finance, home economics, social order. Virginia Woolf’s mother understood how the small was the great agonist to the ill: “Among the number of small evils which haunt illness, the greatest, in the misery which it can cause, though smallest in size, is crumbs…”

 

Je rumine souvent ce passage du livre d’Anne Boyer, The Undying, qui relate son parcours de guérison après un cancer du sein. Son point de vue sur le « diagnostic », ses complexités et la transgression qui en résulte (impactée par la perception publique et les divergences systémiques) me touchent fortement. Depuis que j’ai été diagnostiquée séropositif en 2017, je me suis débattu avec les notions de prescription et de divulgation – avec toutes ses modalités et son éthique – dans le but d’arriver à un lieu de véritable réconciliation.
En reconsidérant les mots de Boyer, mon projet explore le lit comme un lieu de réconfort et d’agence au-delà d’être un site de maladie. Pour les personnes atteintes du VIH, le lit peut servir de refuge, de lieu de retraite pour les soins, d’espace pour l’intimité ou le plaisir. La stigmatisation du VIH/sida est encore troublante, notamment en raison des disparités culturelles et socio-économiques, et le sillage du COVID a renforcé le « langage » de la maladie et de la prescription. Par le biais de conversations, de photographies et de documents d’archives, ce travail dépeint des individus qui vivent avec le VIH, et examine plus en détail la manière dont on se reconstruit à partir du lit vers l’extérieur – au milieu de multiples pandémies – vers un lieu d’autonomie et d’abondance.

 

 

Beau Gomez est un artiste visuel philippin-canadien dont la pratique s’inspire d’idées, de défis et de conversations sur les récits interculturels, en relation avec les positions de la sexualité et de la communauté.

Son travail a été présenté et exposé par le Propeller Centre for the Visual Arts, la Magenta Foundation et le Toronto International Film Festival.

En plus de sa pratique artistique, il consacre son temps à l’engagement communautaire dans les arts et a contribué à diverses organisations, dont le Reel Asian Film Festival, The Site Magazine, Pride Toronto et le Critical Distance Centre for Curators. Beau est titulaire d’un baccalauréat en études photographiques de la School of Image Arts de l’Université métropolitaine de Toronto (anciennement Ryerson). Beau partage son temps entre Montréal et Toronto.