Pologne-en-Québec est un projet de fif-ction spéculative mettant en scène la construction d’un mouvement utopique d’alliance queer polono-québécoise. Le projet s’envisage comme une archive photo et vidéo factice activée par la performance.

L’histoire va comme suit : Sous l’administration du parti ultra-catholique Loi et Justice, la Pologne est devenue dangereuse pour les personnes queers, qui demandent massivement l’asile au Canada, perçu comme un Gay Heaven prospère, ouvert, multiculturel. Afin de les accueillir, un groupe d’activistes québecois.e.s amassent des fonds pour acheter une ville minière abandonnée et y établir une terre lesbienne transculturelle. Iels nommeront leur commune Pologne-en-Québec. 

 

Cette initiative, relevant plus du complexe de sauveur qu’une réelle solidarité, tourne rapidement au drame queer arrosé de jus de pickle. Pologne-en-Québec devient rapidement un objet esthético-culturel équivalent à une Petite-Italie ou un Quartier chinois, destination week-end des épicuriens de la ville. 

 

À travers cette histoire des vaincu.e.s, avec humour et sur le ton idéaliste et plein de désir de celleux qui sont né.e.s après la chûte des utopies, les artistes explorent et critiquent leur propre rêve-cauchemar de vie en collectif et de retour à la terre, lieux communs révélant les mécanismes coloniaux, dynamiques de pouvoir et ressorts capitalistes cachés sous le jardin des bonnes intentions féministes.

 

Lors de leur résidence à VU, qui sera le point de départ de ce projet expansif, les artistes invitent les personnes queers de la ville de Québec à jouer avec elleux et à contribuer à leur fif-ction lors d’un atelier d’écriture orale collective.

 

Biographie

Kinga a grandi dans la Pologne post-communiste et Sarah à une distance de marche d’un centre d’achats de la banlieue de Québec. Iels travaillent respectivement en photographie et cinéma documentaire, ainsi qu’en performance et autres médiums connexes. Présentement basé.e.s à Tiohtià:ke (Montreal), iels se sont renconté-e-s sur une application de rencontre lesbienne et forment une famille choisie heureuse avec Bilou, Bear, Bunny et tous leurs ami.e.s. Le week-end, iels explorent les tensions entre leurs identités coloniales et diasporiques, leurs privilèges blancs, leurs généalogies transfuges et leurs traumas intergénérationnels.