Nous avons un jour pris le soin de sauvegarder des traces de nous-mêmes sur des papiers, des disques compacts, des bandes magnétiques ou des diapositives. Avec le temps, nous les avons délaissées et négligées, jusqu’à souvent les oublier. Dans la surabondance de ce que nous créons, nombre de nos informations deviennent inactives sur de longues périodes de temps, et les supports qui les contiennent se détériorent tranquillement. Cette image blanchit, ces documents s’agglomèrent dans l’humidité, ce disque s’effrite et craquelle. Les heures semblent s’écouler, goutte à goutte, transformant ainsi peu à peu les objets et ce qu’ils conservent.

 

Métaphore à la fois de nos environnements virtuels surchargés et de nos subconscients, l’installation de Sébastien Cliche interroge ce qui peut advenir de toutes ces mémoires qui courent le risque de devenir corrompues, voire inaccessibles. Dans un dispositif prenant les allures d’un centre de traitement de l’information, c’est la matière propre des supports obsolètes qui est mise à l’épreuve, au repos dans des bacs ou filtrée par des liquides. Tandis que l’information semble fatalement soumise à la même dégradation que son support, les tentatives de distillation ou de récupération qui sont en cours pointent aussi vers la possibilité de nouvelles inscriptions générées par la matière elle-même.

 

 

Sébastien Cliche remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec de son appui financier.

 

 

Vernissage
24 février 26 mars 2023 / 17:0021:00

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