Tandis que l’écran de nos ordinateurs et de nos téléphones fait défiler des visages et des récits heureux, nous savons l’univers numérique sursaturé d’images de soi déformées par ce que l’on veut bien montrer aux autres. Et pourtant, l’état de nos identités est à l’image de celui de nos environnements : une photo d’arbres brisés au passage d’un ouragan a vite fait de nous rappeler que nous vivons dans un monde abîmé. Fanny Desroches aborde ainsi la gravité et la dureté de notre époque en faisant le portrait d’une jeunesse parfois lasse d’y chercher le sens de son existence. 

L’artiste capte ainsi des regards tournés directement vers l’œil de la caméra, conscients d’être un jour observés. Loin de chercher à se conformer à des conventions sociales ou visuelles, ses photographies se veulent affranchies de présomptions et de jugements. Aucun contrôle n’est exercé ni sur les personnes ni sur les environnements dans cette quête d’honnêteté qui compose avec les imperfections. C’est aussi dans une démarche de matérialisation de ses images que l’artiste réfléchit à l’espace qu’elles occupent. Alors qu’elle recouvre la surface ou le rebord de ses tableaux d’épaisses couches de peinture, les corps ou les paysages fragmentés qui apparaissent dans les marges réussissent toujours à s’imposer malgré le peu d’espace qu’on leur accorde. 


Fanny Desroches remercie le Conseil des arts du Canada de son appui financier. 
« Amélie, Charlotte, Claudine, Bijan, Alix, Sédrick, Antoine, Kat et toutes les autres personnes inestimables qui sont toujours là, devant ma caméra. »

 

Vernissage
6 avril 14 mai 2023 / 17:0021:00

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