Adoptée de la Chine et ayant grandi à Québec dans une famille québécoise, la pratique artistique de Tong Zhou Lafrance s’ancre dans l’exploration de ses identités multiples, de l’(im)matérialité des souvenirs et de la main-d’oeuvre derrière les chinoiseries. À travers l’altération d’archives familiales et de voyages, elle affirme son agentivité face à son histoire de migration transnationale de la Chine au Québec.
Son travail actuel se déploie principalement à travers deux gestes: le tissage-photo et la transformation de l’image en rideaux de perles. Ces dispositifs lui permettent de croiser le réel et l’imaginaire, le passé et le présent, le toucher et l’image, dans une logique de (dé)construction. Ce qui semble contradictoire devient complémentaire à son voyage d’auto-apprentissage naviguant entre vouloir être chez soi et ne pas l’être.
Ses tissages-photos s’inspirent de la sémiotique des peintures chinoises et du design des calendriers chinois. Ils mettent en scène des événements réels et fictifs liés à son adoption transnationale, à son récit post-adoption et à ses découvertes au quotidien. Le rideau de perles prolonge cette recherche en proposant une image fragmentée et traversable, engageant le corps du public dans une expérience de perception partielle et mouvante.
Biographie
Tong Zhou Lafrance
Tong Zhou Lafrance est une artiste sino-québécoise issue de la diaspora qui a récemment terminé une maîtrise en arts des fibres et textiles à la China Academy of Art, à Hangzhou. Elle a obtenu un baccalauréat en beaux-arts à l’Université Concordia de Montréal en 2021, et a cofondé en 2022 le collectif Soft Gong, la première organisation francophone créée par et pour les personnes adoptées d’origine chinoise. En réponse à la montée du racisme anti-asiatique pendant la pandémie, l’organisation s’engage à donner une voix aux personnes adoptées et à briser l’isolement auquel elles sont confrontées dans leur quête d’identité. Elle a rejoint l’équipe du Chinese Adoptee Symposium en 2025, une initiative organisée chaque année à Shanghai. Spécialisée dans le tissage de photos et les installations textiles, son travail explore les thèmes de l’auto-ethnographie, d’appartenance culturelle et de la main-d’oeuvre derrière les chinoiseries. Entre 2017 et 2026, ses oeuvres ont été exposées à Montréal, Québec, Gatineau, Toronto, Hamilton (Canada), Hangzhou, Shanghai, Guangzhou, Shenzhen, Shenyang et Beijing (Chine), Hong Kong et Lalitpur (Népal). Elle a reçu la bourse du Fonds de recherche du Québec (2024-2026), la bourse d’études du Gouvernement Chinois (2023-2026) et la bourse d’études supérieures 2024 de la Fondation Desjardins.




